Mondial 2018 : Khadim Ndiaye, gardien Horoya AC : «On croit grandement à nos chances de se sortir du groupe H pour atteindre le deuxième tour»

Au Horoya AC depuis 2013, Khadim Ndiaye commence à durer dans le championnat guinéen. L’ancien gardien de la Linguère qui vient de prolonger son contrat jusqu’en 2019 avec le club guinéen fait partie des trois meilleurs gardiens de ce championnat. Trouvé à Conakry, au quartier Kipé, Khadim explique au micro de wiwsport.com son évolution dans le championnat guinéen. Le triple champion de la Guinée avec le Horoya AC est aussi revenu sur les éliminatoires de la Coupe du Monde 2018 avec le Sénégal et la poule des « Lions ».

                            Entretien
Vous commencez à durer en Guinée et vous réussissez à vous imposer en équipe nationale. Est-ce que cela confirme qu’il y a des valeurs sûres dans les championnats africains ?
Bien sûr que oui. Parce que déjà avec le Horoya AC, on est deux internationaux sénégalais Pape Amadou Touré (Il a été sélectionné lors de la double confrontation contre le Burkina en éliminatoire du mondial) et moi. Dans cette même équipe, il y a trois Burkinabés qui jouent avec leur sélection A, et six guinéens qui évoluent avec l’équipe nationale A. Et cela veut dire que les championnats africains regorgent de talents. On se prépare tous en conséquence pour répondre à l’appel de notre peuple à chaque fois qu’on aura besoin de nous.

Qu’est-ce que vous pensez de la poule des lions, le groupe H avec la Pologne, le Japon et la Colombie ?
A mon avis, on a une autre part de ce que les éliminatoires nous ont servi. On est vraiment conscient de l’ampleur de cette compétition.

Justement certains pensent que le Sénégal a hérité d’un tirage facile. Est-ce le cas pour vous ?
Il faut que les gens sachent que même rester chez soi et dormir n’est pas chose facile. Les adversaires du Sénégal dans ce groupe sont des nations du football comme nous. Ils sont les meilleurs dans leur zone raison pour laquelle ils se sont qualifiés et idem pour nous aussi. Si on n’avait pas la ferme conviction qu’on n’allait pas franchir les phases de groupe, ce serait inutile de se qualifier. On croit grandement à nos chances de se sortir de ce groupe pour atteindre le 2e tour.

On a constaté que vous êtes devenu plus mature et plus conscient de vos acquis ces dernières années. Qu’est ce qui a changé chez Khadim Ndiaye ?
Il n’y a pas grande chose qui a changé chez moi. Juste que j’ai cessé les folies et augmenter la concentration. Donc si on parle de changement c’est peut-être dans ce sens-là.

Face à l’Afrique du Sud (Lors de la dernière journée des éliminatoires du mondial), vous avez été décisif face à ce tir cadré sur coup de pied arrêté qui a presque fait le tour des réseaux sociaux. Est-ce un bon atout pour vous, vu la rude concurrence dans la tanière ?
Je ne peux pas l’appeler décisif parce que j’ai juste fait mon boulot. On m’a mis sur le terrain pour bien gérer les cages donc je ne fais qu’appliquer les consignes. C’est vrai que j’ai fait une belle prestation ce jour-là, mais je l’ai vite oublié pour se projeter sur le futur. Au sein de cette équipe nationale du Sénégal, la concurrence elle est saine. Nous sommes tous des frères. Maintenant à mon avis, pour prétendre avoir une sélection dans en équipe nationale, il me faut d’abord enregistrer des performances avec mon club, être apte sur le terrain lors et faire une bonne campagne en ligue Africaine des clubs. Et une fois là-bas, je vais me battre pour avoir une place de titulaire.

Et même si je ne serai pas titulaire, je vais épauler celui que le coach a choisi parce que nous avons tous les mêmes objectifs. Le plus important pour moi, c’est l’équipe nationale. Ce n’est pas la personne de Khadim, Abdoulaye ou encore les autres. Par contre, nous qui avions joué les phases éliminatoires du mondial, nous ne sommes pas les seuls gardiens de but du Sénégal dans les autres championnats. Nous avons certes eu la chance de prendre part aux éliminatoires mais d’autres aussi peuvent faire leur came back dans cette sélection car il reste encore du temps avant le démarrage de cette compétition.

La communauté sénégalaise commence à s’agrandir dans le championnat guinéen, et vous faites partie des premiers de cette génération qui ont choisi d’évoluer dans ce pays. Qu’est ce qui explique cette attractivité du football guinéen?
Cela s’explique par le fait qu’il y a des bonnes volontés qui investissent leur argent pour faire renaitre le football guinéen. Ce sont des mécènes qui mettent tous les moyens sans rien attendre. Ce, pour développer le football dans ce pays contrairement au Sénégal où les mécènes voient autrement. Ces derniers pensent peut être de ne pas se retrouver sur le plan financier. En Guinée, les hommes d’affaire ont les moyens et ils sont prêts à tout y mettre pour appuyer les clubs et la ligue. D’ailleurs, c’est ce qui fait la force de ce championnat. Il n’y a pas seulement que les sénégalais dans ce championnat. Il y a aussi d’autres nationalités.

Depuis vous avez rejoint ce championnat, qu’est-ce qui vous a le plus marqué avec votre club ?
Mon deuxième match de ligue des champions (Contre le Raja) m’a beaucoup marqué. C’était un début très difficile pour moi parce que j’étais venu dans un pays où les gens ne me connaissaient pas. J’étais venu rejoindre Amara Traoré (A l’époque entraineur du Horoya AC). Au paravent, je devais rejoindre l’As Kaloum. Mais il m’avait proposé d’attendre parce qu’il se peut qu’il change d’équipe. Donc lorsqu’il a pris les règnes du Horoya, il m’a fait venir dans ce pays. Les guinéens ne croyaient pas à mon talent parce qu’ils ne m’ont jamais vu jouer. Certains sont allés dire au président du club que tu as acheté un gardien très nul qui ne fréquente même plus la sélection. C’était sous l’ère Alain Giresse où je n’étais plus appelé en sélection. Les dirigeants du Horoya AC ne voulaient pas me faire signer un contrat d’une année. Ils hésitaient et finalement ils m’ont proposé un contrat juste pour la ligue des champions. Si je parviens à m’imposer ok. Au cas contraire ils me libèrent sans condition.

Par la suite, que s’est-il passé ?
J’étais d’accord sur le principe parce que j’étais sûr de moi. J’ai accepté le contrat et lors des huit rencontres de ligue des champions qu’on a pris part, j’étais le meilleur après chaque sortie. C’est par là qu’ils ont commencé à me respecter dans cette équipe. Je savais que je pouvais relever ce défi. Aujourd’hui, je suis dans un pays où je suis très bien entouré. Je me sens à l’aise, les gens m’aiment et me respectent. C’est ce qui est l’essentiel pour moi. Mais au fil du temps, je suis parvenu à les séduire. Aujourd’hui je rends grâce à Dieu.

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