Avons-Nous Élu Des Dirigeants Politiques Pour Parrainer Des Réjouissances ? (Serigne T. MBOW)

CONTRIBUTION

Aujourd’hui,  je voudrais avoir la plume de, ou plutôt être la plume Mody Niang pour dire ce que j’ai sur le cœur. Tous les jours de la semaine, du lundi au dimanche, c’est un tintamarre de publicités portant sur des évènements tels que séance de lutte, courses de chevaux, grands concerts ou anniversaires de musiciens, khawaréde grands griots, bals d’amicale ou de corporation, etc, événements parrainés par nos gouvernants, politiciens de la majorité, et même certains de l’opposition viennent s’y mettre.

Il ne se passe de jours où à la radio et à la télévision (surtout la Tfm), l’on ne montre pas toute l’équipe gouvernementale supervisée par Son Excellence (M. Tounkara va se fâcher) Monsieur le Président de la première dame, suivi de Madame la Première dame, en grand boubou et son Tagal (je n’ai rien contre son port, d’ailleurs elle incarne l’Africaine et j’en suis fier), le président de l’Assemblée nationale, la présidente du Cese, le tout nouveau président du Hcct, le Premier ministre, les ministres du gouvernement, les ministres conseillers, les députés, mêmes les directeurs d’agences et de sociétés nationales (viennent s’ajouter à cette longue liste), tous bien nippés à l’européenne ou à l’africaine, avec un sourire qui fend tout le visage, et alignés à l’écran. On dirait qu’on impose à ces derniers la descente sur le terrain avec la caisse ou le compte en banque de leurs agences ou sociétés pour vendre l’image de leur président si cher. Certains directeurs doivent leur maintien ou leur promotion à ce genre de pratiques. Y’en a qui sont prêts à piller les sociétés qu’ils dirigent pour le bonheur de Son Excellence.

Faudrait-il comprendre que tout ce beau monde dans la préparation et l’exécution du budget, accorde une priorité aux enfantillages et que nous Sénégalais les avons élus ou délégués à des responsabilités pour qu’ils s’occupent essentiellement de réjouissances. Et personne dans ce pays n’y fait attention. Je n’ai jamais entendu ni les autorités religieuses ou coutumières, ni la société civile, ni certaines voies autorisées se plaindre de ces faits graves.  Et cela me  fait peur, car c’est comme si nous tous dormons d’un profond sommeil, qui nous empêcherait de nous rendre compte des mauvais comportements de nos concitoyens, mais également des abus et agressions de toute nature venant de l’extérieur.

Allez faire le tour du monde et vous constaterez que cela ne se passe qu’au Sénégal. Même si ce comportement ne date pas d’aujourd’hui, la fréquence et la régularité (du lundi au dimanche, tous les soirs, surtout à la télévision Tfm), le nombre (au moins cinq spots avant le journal de 20 heures et dans toutes les stations) et la manière (paraissant en photo grand format), sont propres à l’actuel régime. Tout ce tapage non pas pour poser un acte ou accomplir une tâche qui fait avancer le pays, mais uniquement pour faire de la politique politicienne.

Je n’ai rien contre ces réjouissances et suis d’accord pour la promotion de notre culture, notre sport et autres, mais dans les pays qui se respectent, c’est aux sociétés privées de s’occuper du sponsoring qui est compris dans leurs programmes pour la promotion de leurs ventes. Je peux également comprendre que, pour cette même promotion, un gouvernement prenne en compte ces rubriques dans son budget, mais sans tambour battant, ni trompette, sans en faire un moyen de politique politicienne.

S’il vous plaît, arrêtons ces «caxaaneri» d’un autre âge et d’une autre époque, dans lesquelles nous perdons, tous de quelque bord que nous soyons, car cela ne profite pas à notre pays si cher que le bon Dieu nous a légué avec de grands hommes de valeur – pas besoins de les citer et d’en oublier – qui  nous ont laissé de richesses inestimables sur les plans éducatif, coutumier, religieux, moral, etc. que nous devons entretenir, pas détruire, en nous évertuant à aller vers l’essentiel sans nous leurrer.

C’est dommage, Mon cher (si vous le permettez) Mody, je ne peux aller plus loin, car je ne suis pas un littéraire, mais plutôt un technicien qui se débrouille avec un français approximatif. J’ai beaucoup de respect pour votre plume et votre conduite. Je souhaite que vous la conserviez (j’en suis presque sûr). Je voudrais être informé de tous vos articles. S’il vous plaît, faites-moi signe à chaque fois que vous en produisez, par mon e-mail  ou téléphone.

 

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