Dangers permanents ! Par Wagane Faye

Nous avons l’impression que dans la plupart des pays africains le pouvoir épouse, le plus souvent, les contours d’une cour royale et oublie son devoir vis-à-vis de ses mandants. Il se mettra, ainsi, à courtiser les consciences individuelles, les groupes et tout ce qui peut concourir à sa pérennité et à son maintien. Il ne manquera pas, non plus, de détruire ou de tenter de détruire tout autre son de cloche qui puisse faire penser à une quelconque alternative. Et quand, malheureusement, on en arrive là, après soixante ans d’indépendance, ne soyez pas étonné des conséquences fâcheuses qui pourront en découler.

Ce qui est dramatique ici c’est que les formations politiques nationales vont jusqu’à oublier le but des enjeux de la pratique politique qui transcende la seule conquête du pouvoir ou son unique conservation. La principale raison du jeu politique ne devra plus se limiter à l’enrichissement illicite, à l’accès aux positions de pouvoir et à la rente de situation. La croissance ou l’émergence devraient être, devant l’escalade du sous-emploi et de l’accentuation de la faiblesse de l’offre d’emploi et de travail, le seul programme qui préoccupe les populations.

Mais les responsables politiques ignorent délibérément le niveau social presque inexistant du peuple. Et font fi, des réalités sociales avec lesquelles les citoyens sont confrontés. Pourtant ceux qui briguent, encore, le pouvoir d’Etat, sont dans leur presque unanimité, des générateurs avérés de la précarité et de la peur dans lesquelles plonge le plus grand nombre des populations sénégalaises. Les acteurs politiques actuels ont mis en panne, dans leur immense majorité, la Nation Sénégal. Car ils sont devenus, presque tous, du fait de l’enrichissement sans cause, des rentiers. La plus part de ceux issus des régimes de Senghor, Diouf et Wade disposent de patrimoines obtenus par le biais de la corruption, de la concussion et du détournement de deniers publics.
Certains niveaux d’enrichissement prouvent, parfaitement, que quelques uns ont gagné en accumulation de richesse illicite grâce, simplement, aux positions de pouvoir qu’ils ont obtenues. Ces mêmes personnes, sans légitimité, s’engagent à briguer sans retenue, le suffrage des sénégalais. Dés lors il devient urgent de régler les effets imposés par le poids des moralités variables. Car l’accès à l’argent sale devient, de jour en jour, un moyen privilégié pour remporter des élections.
Si, aujourd’hui nous tenons ce discours c’est que dans notre pays une nouvelle race de politiques cherche à se positionner et à se pérenniser en mettant entre parenthèses l’éthique et la déontologie. Doit-on laisser faire et dire plus tard qu’on savait ?

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