APRES L’ETUDIANT TUE POUR AVOIR RECLAME SA BOURSE: LES MEDECINS EN SPECIALISATION AUSSI DANS LES RUES POUR LA MEME CAUSE

Les médecins en spécialisation, qui sont en formation dans les différentes structures hospitalières, sont très remontés contre les Ministres de la Santé et de la Formation Professionnelle. Depuis 9 mois francs, ils courent derrière leur bourse qui constitue, selon Dr Abdoulaye Kane, le président du Collectif des Médecins en Spécialisation (Comes), leur seule source pour survivre.

Las de ne plus entrer dans leurs fonds qui leur permettent en même temps d’honorer leurs inscriptions, ils ont décidé de passer à la vitesse supérieure en annonçant un arrêt de travail, en plus de tenir des sit-in et des marches.

2018 déclarée année sociale ne l’est pas encore pour les médecins en spécialisation.

Et pourtant, c’était bien parti avec l’annonce faite par le chef de l’Etat de procéder une augmentation de 100% de leur bourse de 150.000 F à 300.000 F. Des mois passent sans que la petite augmentation ne soit effective. « Non seulement nous n’avons pas encore vu ce qui ressemble à une amélioration, mais, voilà 9 mois que nous ne sommes pas allés au guichet pour récupérer nos maigres bourses. De guerre lasse, les autorités universitaires nous signalent qu’on ne peut suivre nos cours sans inscription.

Nous avons décidé donc d’informer l’opinion publique sur les conditions difficiles que nous traversons et qui pourraient se répercuter sur un arrêt de nos activités hospitalières, avec des possibilités de ne plus procéder à des consultations, ni effectuer des opérations médicales, encore moins faire des soins aux patients », fait noter Dr Abdoulaye Kane.

Très remontés contre les autorités, les membres du Comes fustigent : « les Ministres Abdoulaye Diouf Sarr et Mamadou Talla se renvoient la balle et jouent sur notre honorabilité comme un ballon de ping-pong. L’un estime que c’est l’autre qui doit assurer le paiement, alors que l’autre soutient que c’est bien la tutelle qu’incombe une telle opération. On ne sait à quel Ministre s’adresser et pourtant la promesse du Président était bien spécifiée ».

Par conséquent, on continuera à crier partout qu’il n’y a pas de pédiatres, de gynécologues, de cardiologues et autres, alors que l’Etat a, là, une possibilité d’y remédier. Malgré cette aberration, on se lance dans des programmes comme la CMU sans former les spécialistes.

Et paradoxalement, on procède à une inauguration d’un service d’accueil des urgences à Kaolack avec un seul orthopédiste traumatologue pour toute la région du Sine Saloum, entre autres incongruités. Après l’épisode de l’étudiant tué pour une bourse, les médecins en spécialisation ruent dans les brancards pour la même cause.

Youssouf NDIONGUE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *