Affaire Fallou Sène : pourquoi notre Président – Macky Sall – ne nous parle pas ?

Un proverbe bambara dit que: » Le silence fait prendre un sot pour un savant. »

Après la semaine chaotique vécue par le peuple sénégalais qui a vu le sang de sa frange qui catalyse tous les espoirs, couler, à savoir la jeunesse estudiantine, avec l’assassinat de Mouhamadou Fallou Séne, sur un lieu aussi symbolique qu’un campus où seul le savoir devait rester la seule offre et non des balles, le président Macky Sall devait parler au Peuple.

D’abord parce qu’il avait fait des promesses fermes en Août 2013, avec son Programme de Réformes Prioritaires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, que le retard du paiement des bourses allait être un mauvais souvenir pour les étudiants sénégalais. Ainsi, le président avait promis d’augmenter de 0,2% du PIB par an durant la période 2013- 2017, les ressources publiques allouées à l’éducation, tout en maintenant la part de 25% dévolue à l’enseignement supérieur. À l’arrivée, on constate que les universités sénégalaises sont toujours dans les mêmes travers.

Ensuite, le président Macky Sall devait rassurer les Sénégalais sur le sentiment d’inquiétude qui les ronge par rapport aux dérives et bavures policières. Nos forces de l’ordre semblent avoir bénéficié d’une impunité signée d’avance quand on voit sur les réseaux sociaux leurs comportements face à des citoyens qui expriment pacifiquement leur liberté d’expression et de marche garanties par la Constitution. Les forces de l’ordre sont censées nous protéger, mais qui nous protège de leurs dérives ? De Thiès en passant par Ziguinchor, ces gladiateurs des temps modernes en uniformes cassent tout sur leur passage, laissant derrière eux, borgnes et handicapés.

Aussi, le président de la République devrait prendre la parole pour éclairer la lanterne des Sénégalais sur son taux de croissance de 7% chanté sur tous les toits, qui ironiquement ne fait qu’augmenter la dette publique. Car aux premières heures des troubles de Saint-Louis entre étudiants et gendarmes, les autorités du ministère de l’économie et des finances faisaient croire aux Sénégalais que c’est Ecobank qui a trainé les pieds, mais en réalité c’est une dette de plus de 20 milliards contractée par l’État qui est à l’origine du retard, selon les services de la Banque.

Au final, les mots du président de la République Macky Sall devaient, dès les premières heures de la mort de Fallou Séne, rassurer sur la diligence de l’enquête et la condamnation sévère du meurtrier, ainsi que la rupture que prendrait ce dossier à la différence de ceux de Bassirou Faye, de Mamadou Diop ou des autres jeunes sénégalais tués impunément. Comme les fils des victimes du Joola, on espère que celui de Fallou Séne sera élevé au rang des pupilles de la Nation, même si on l’a pas entendu des mots du président

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