Le prix d’achat du mouton comme marqueur social!

Plus aujourd’hui qu’hier, le mouton est le plus sûr thermomètre de la richesse des foyers. Plus on est aisé, plus on s’exige un gros bélier, à la dimension de sa classe sociale.

Le marché s’adapte et la conséquence malheureuse est une inflation exagérée des prix du Bélier. Les prix grimpent et les moins aisés se saignent plus pour satisfaire d’abord leurs égos et ensuite les égos de leurs familles. Il n’est pas question, de se présenter au foyer avec un mouton de 50.000 FCFA. Ce n’est point l’embonpoint mais le coût d’acquisition qui compte.

L’exagération des prix du mouton n’est pas forcément le fait d’une insuffisance de l’offre. Avant chaque tabaski, les discussions sont les mêmes, la quantité de moutons disponible sera insuffisante pour satisfaire la demande, donc l’offre sera inférieure à la demande. Les prix montent en flèche au détriment du petit « goorgoorlou » (débrouillard). Déjà terrassé par les quotidiennes, il se voit obliger de serrer encore plus fort la corde à son cou pour acquérir un mouton. Après chaque tabaski, on se rend compte que la quantité de mouton était largement suffisante et que le marché est parvenu encore une fois à nous berner.

La tabaski est un business et comme dans tout business, le système bénéficiaire fait en sorte d’engranger le maximum de profits. Quoi donc de plus normal, d’entretenir la peur du manque pour déclencher une hystérie collective et une ruée vers les daaral (lieux de ventes des moutons). Une ruée qui crée de fait la perception d’une offre insuffisante et comme tout ce qui est rare et demandé est cher, les prix deviennent excessifs.

Restons lucides et dans ce combat entre offre et demande, nous sortirons avec moins de cicatrices. Ne nous mettons pas dans l’obligation de nous offrir forcément un mouton en millions ou en centaine de milliers alors que nos revenus ne nous le permettent pas. Bien entendu, faisons-le si nous le pouvons. Car il faut que mes moutons à 500.000 et plus trouvent preneurs. Mais aucune démesure n’est nécessaire.

« Xel dou yenou waye xamna lou bopp atane ». A chacun selon ses capacités et le marché sera apaisé.

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