Lettre-regret à Madické: Qui manipule Wade ?

Dans sa lettre qui semble d’excuse à Madické Niang, après s’être emporté, Wade évoque ‘’plusieurs sources’’ qui lui ont donné des informations qui ont motivé sa décision. Comme quoi, il n’a pas réagi à la légère et a été tenu informé par ses ‘’sources’’ de l’implication de son ami dans la lettre écrite par certains membres de son parti proposant un plan B.

On peut alors légitimement se demander quelles sont ces ‘’sources’’ ? En d’autres termes, une question s’impose : Qui manipule Wade ?

La question est d’autant plus importante que de ces informations reçues, dépendent les humeurs du Pape du Sopi qui, souvent, à une longueur d’avance sur son entourage, surtout en ce qui concerne les agissements ou agitations de ses collaborateurs.

Il avait une fois défénestré Modou Diagne Fada qui l’a quitté par la suite, n’a jamais pensé confier le parti à Souleymane Ndéné Ndiaye, Aida Mbodj et consorts, etc.

Il a souvent anticipé certains comportements de collaborateurs à son égard, ce qui laisse penser qu’il a un bon canal de communication.

Parfois, comme tout responsable, il peut recevoir de mauvaises informations ou simplement subir la manipulation de personnes qui sont censées les lui en apporter.

Alors, pour démasquer ces sources, on peut se retourner vers les services de renseignement officiels ou parallèles.

En effet, le statut d’ancien Président confère sans doute le privilège de conserver des réseaux d’informateurs qui, d’une façon officieuse, vous donne des informations qui pourraient vous servir dans la prise de décision.

Nous soupçonnons d’ailleurs Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niasse, Idrissa Seck et bien d’autres, ceux qui ont eu à occuper de hauts postes, d’en bénéficier.

C’est parfois ce qui explique la bizarrerie de leurs comportements sur des situations spécifiques. Ils n’ont pas le même niveau d’information que les autres et peuvent avoir une longueur d’avance.

Bien sûr et parallèlement, grâce à leurs moyens, il n’est pas difficile, pour eux, de s’attacher les services d’enquêteurs ou d’hommes de loi souvent à la retraite qui peuvent, eux aussi, être d’appoint.

Toutefois, dans le cas de Wade et même des autres, ce n’est pas tout. Leur entourage est d’un concours pour fonder leur religion sur des situations particulières, notamment celles qui concernent des collaborateurs. Dans l’entourage des hommes politiques comme des marabouts, tout le monde est informateur. Ils entretiennent souvent cette dynamique en permettant à chacun d’espionner l’autre.

Cette situation découle souvent du fait qu’ils n’ont confiance en personne. Mieux, ils ne souhaitent pas être surpris et veulent toujours anticiper, et les intentions et les actions de leurs proches.

Sans oublier les moyens modernes de s’informer comme le placement de micros, la mise sur écoute, le trafic d’appareils comme les téléphones et autres, il faut dire que des gens comme Wade reçoivent beaucoup d’informations sur leurs proches.

Conséquence, ils ont du mal à les disséquer, à mettre de l’ordre et de faire la part des choses entre le vrai et le faux. Et c’est cela le principal problème.

Si quelqu’un veut faire du mal à l’autre, il va s’atteler à le mettre en mal avec le chef. Et c’est souvent facile quand il est plus proche, mieux écouté et bénéficie de la confiance du moment.

On fait le procès de l’autre pour mieux faire état de sa bonne foi. Dans les milieux de ces hauts responsables, des informations circulent, aussi contradictoires les unes que les autres.

Et personne n’est à l’abri. Et il y a beaucoup de mensonges, de jalousie, de manipulations.

C’est en partie pour cela qu’il y a une instabilité dans les partis politiques. Ceux qui y travaillent ensemble à conserver ou à conquérir le pouvoir se veulent rarement du bien. L’entente est de façade. Les coups bas ne manquent pas et certains n’ont d’autres choix que de quitter après avoir été mis en quarantaine sans aucune explication.

La raison de tout cela, c’est que la communication interne est souvent nulle dans nos partis. Les gens ne travaillent que pour la communication externe, et là encore, c’est d’une façon désuète.

Pourtant, d’énormes efforts doivent être faits pour asseoir une bonne communication interne dans les partis si l’on tient à leur stabilité.

Si chacun dit ce qu’il veut contre qui il veut, il n’y aura pas de paix en interne.

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