Des experts en audit en France défendent la “vision” de Sonko

REPONSE AU PRESIDENT DU CONSEIL DEPARTEMENTAL DE GUINGUINEO QUI CRITIQUE LE LIVRE VISION DU PRESIDENT OUSMANE SONKO

Devant l’insistance de certains amis qui m’ont demandé de donner mon avis sur la lettre publique intitulée « L’OFFRE PROGRAMMATIQUE DE O. SONKO EST SIMPLEMENT FADE, ARCHAÏQUE, DEMODE ET PIRE, POPULISTE PARFOIS » de Papa Malick NDOUR Président du Conseil départemental de GUINGUINEO qui se présente comme un économiste des finances publiques, me voici devant mon clavier pour accéder à leur requête.

Mes amis qui sont majoritairement des pro Macky Sall pensent certainement que ces critiques sont de nature à mettre en exergue les lacunes et limites du Livre d’Ousmane Sonko.

J’avais refusé d’y répondre sans avoir lu le livre en question (lequel soit dit en passant est toujours en rupture de stock car vendu comme des petits pains) mais je dois avouer que cette invitation à un débat de cette nature ne peut pas rester lettre morte, elle se doit d’être honorée eu égard au thème qui en fait l’objet : le contenu du livre-vision « SOLUTIONS ».

Monsieur Ndour ne fait pas dans la dentelle, la virulence et la radicalité de ses qualificatifs n’ont d’égales qu’à la faiblesse de ses arguments qu’il voudrait pourtant scientifiques (offre programmatique fade, archaïque et démodé, populiste – cette proposition est dangereuse, démagogique, ridicule et risque – placer notre pays dans le lot des États voyous qui n’ont aucune crédibilité vis à vis des investisseurs étrangers.).

Monsieur Ndour excelle au moins dans une chose : parler savamment des choses qu’il ne maitrise pas. Son langage est tout sauf nuancé, il est arrogant et insolent d’un bout à l’autre par conséquent ne comptez pas sur nous pour y répondre sur un autre ton car à demande insolente, réponse tranchante.

Avant d’étayer mon propos dont la quintessence va prendre le contrepied de ses affirmations, je ne pourrai pas m’empêcher d’exprimer ma vive déception quant au contenu de sa lettre. L’argumentaire est très en deçà de l’objectif qu’il s’est fixé : critiquer les propositions de Sonko. Manifestement, le costume est trop grand pour Monsieur Ndour.

Que de platitudes ! Que de légèretés ! Que de contradictions ! Que d’approximations !

Nous nous demandons d’ailleurs s’il n’est pas préférable de monologuer que débattre avec des militants aussi prosaïques dans leur argumentaire et qui de surcroit présentent autant de carences dans le raisonnement.

Nous n’y iront pas de main morte et nous le disons sans parti pris cette lettre révèle plus sur l’ignorance de son auteur que sur le manque de solidité des propositions de Sonko. Ne pas le dire c’est mentir. Ce n’est pas parce qu’on dit deux ou trois mots savants qu’on dit des choses intelligentes. L’intelligence ne s’apprécie pas par la quantité et la complexité des sujets abordés mais dans la façon, l’approche et la pertinence avec laquelle on les traite et sous ce rapport, nous avons le droit d’attendre un peu plus du camp adverse pour hisser le niveau du débat.

Que l’éminence grise de de la mouvance présidentielle (Benno bokk bakaar) prenne son courage, accepte de croiser le fer avec nous et arrête d’envoyer au front ses seconds couteaux qui ne sont manifestement pas à la hauteur du niveau du débat.

En réalité, ses critiques qui ne brillent pas par leur pertinence portent essentiellement sur 3 points :

1-LA VOLONTE DE SONKO A RENEGOCIER LES CONTRATS PASSÈS DANS LES DOMAINES DES MINES, GAZ ET DU PETROLE :

Il dit : « Nous le disons avec force, cette proposition est dangereuse, démagogique, ridicule et risque, si elle est mise en œuvre, de placer notre pays dans le lot des États voyous qui n’ont aucune crédibilité vis à vis des investisseurs étrangers. »

Nous répondons :

Cette proposition de SONKO est pertinente, responsable et courageuse car aux grands maux les grands remèdes. Ces contrats ont été signés sans prendre en compte les intérêts du peuple sénégalais puisque Macky Sall a discrétionnairement choisi de donner une bonne partie de notre pétrole à un groupe pétrolier au nez et à la barbe d’autres concurrents qui pourtant avaient formulé de meilleures offres.

En sus, Sonko n’a jamais dit que la renégociation de ces contrats allait être facile. Il n’a jamais sous-estimé le défi qui nous attend mais il sait que cette difficulté ne doit pas être de nature à nous installer dans l’inertie et la passivité. Oui Monsieur Ndour, nous avons décidé de nous battre pour nos droits car nous estimons que non seulement il y va de notre dignité mais en plus le jeu en vaut largement la chandelle puisque les enjeux sont colossaux.

Monsieur Ndour, libre à toi de prendre ton manque d’ambition pour du réalisme et de baisser pavillon devant la première difficulté mais gardez-vous bien de vouloir nous imposer votre attitude pusillanime et défaitiste. Nous sommes intellectuellement trop libres pour s’y complaire et assez patriotes pour accepter que notre peuple soit le dindon de la farce.

2- LA REMISE EN QUESTION DE NOTRE POLITIQUE FISCALE :

Il dit :

« Le leader de Pastef veut faire croire, les exonérations fiscales ne sont rien d’autre que des subventions octroyées, par la voie fiscale aux chefs d’entreprise, aux collectivités publiques et autres ménages. En guise d’exemple, dans le dernier rapport sur les dépenses fiscales de 2015, ces différents agents ont bénéficié, de la part de l’État, près de 521,4 Mds, soit plus de 80% des exonérations fiscales. »

« Promettre le matraquage ou le terrorisme fiscal c’est simplement tuer la consommation, l’emploi et le développement de l’initiative privée. »

Nous répondons :

Force est de constater qu’ici la malhonnêteté intellectuelle est à son comble. Désarmé, mal outillé et incapable de sortir les failles de la solidité de nos propositions Monsieur Ndour a simplement choisi de nous faire dire des choses que nous n’avons jamais dites : quelle bassesse ! quel aveu notoire d’impuissance ! François Mauriac avait raison de dire qu’écrire c’est se livrer.

Monsieur Ndour vous pouvez prendre vos rêves pour la réalité mais permettez-nous de vous sortir de votre profond sommeil (Nous savons que vous êtes des lions qui aimez dormir et rêver mais vu la situation dans laquelle vous avez mis le pays, le sommeil est un luxe qu’on ne peut plus s’offrir) afin que vous réalisiez la turpitude de votre démarche.

Qu’il nous soit permis ici de clarifier notre position nous n’avons jamais dit ni écrit que nous sommes viscéralement contre les exonérations fiscales comme Monsieur Ndour sembles nous le faire dire subrepticement. Comment un parti qui compte d’aussi chevronnés fiscalistes, d’aussi brillants économistes peut tenir de telles idioties. Nous avons dit et répété que certaines des exonérations fiscales sont inopportunes, inefficaces et discriminatoires et étant donné qu’une exonération est à apprécier à l’aune des résultats escomptés lors de sa création, il est irresponsable et inconséquent de continuer à supporter ce manque à gagner du fait desdites exonérations alors que les résultats n’ont pas été atteints. S’il est prouvé que des exonérations fiscales ne remplissent pas les objectifs assignés elles doivent simplement et purement être supprimées. En matière de la politique fiscale, nous préférons le pragmatisme à l’idéologie.

Nous nous inscrivons en faux contre cette affirmation fallacieuse qui voudrait que Pastef fasse du matraquage. C’est une pure affabulation qui émanent de leur imagination.

3- L’ENCOURS DE LA DETTE PUBLIQUE TOTALE FIN 2018 QUI AURAIT DÛ REPRESENTER PLUS DE 67% DU PIB, MAIS AVEC DES MANIPULATIONS DU MINISTERE DES FINANCES EST EVALUES A 45.2% DU PIB

Il dit :

« Ensuite j’avoue que je n’ai pas reconnu le fonctionnaire Sonko quand il résume le changement de l’année de base de notre économie à une certaine ” manipulation du ministère des finances consistant à redéfinir la base de calcul des indicateurs macro-économiques” (Voir page 151 du livre). Sur ce point il a douté de la probité morale de tous les agents assermentés de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie qui ont été au cœur du projet »

Nous répondons :

Quel que soit le respect que nous vouons aux personnels du ministère des finances, nous ne saurions pas prendre leur affirmation ni pour une parole d’évangile, ni pour argent comptant. Rappelle-toi de la célèbre phrase d’Alain « Le doute est le sel de l’esprit » et celle de STAHL « La sottise se croit très habile et ne doute de rien. »

Monsieur NDOUR, votre entreprise de basse besogne est vouée à l’échec. Cette tentative de diabolisation de Sonko en essayant de le mettre en mal avec certains fonctionnaires en dit long sur votre incapacité notoire à fournir un argumentaire à même de battre en brèche ses idées.

En guise de conseils nous vous demandons d’arrêter vos élucubrations et vos attaques sur la personne de Sonko et d’accepter de débattre des sujets de fond, projet contre projet et vous ferez des heureux. Les sujets ne manquent pas (politique économique- politique monétaire- politique publique- politique industrielle-réformes institutionnelles- réformes du système éducatif etc.). Venez abordez ces questions qui sont les seules qui vaillent, nous vous y attendons de pieds ferme.

Cette stratégie de vouloir orienter le débat sur des questions marginales fera face à la maturité et à la vigilance de l’opinion publique. Il ne vous reste que la résignation car forts du soutien indéfectible des populations, nous remporteront haut la main ces élections et mettrons hors d’état de nuire cette race de politiciens nuisible pour le Sénégal.

Ibrahima Traoré (Paris)

Master Audit et Contrôle de Gestion : Institut des hautes études économiques et commerciales Bordeaux

Master Economie option Finance : Université Montesquieu Bordeaux

Mail : belemtra@hotmail.com

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