Insécurité dans la banlieue : L’Etat fait le médecin après la mort

Le crime commis sur Mariama Sagna, responsable de Pastef à Keur Massar et la mort atroce du douanier Cheikh Sakho ont poussé l’Etat à réagir face à l’insécurité galopante dans cette partie de la banlieue de Dakar. Le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye a annoncé, hier, l’érection d’un commissariat dans cette localité et le déploiement de nouveaux éléments de sécurité.

Le gouvernement a décidé d’ériger un commissariat de police à Keur Massar et dans les autres quartiers de la banlieue dakaroise ainsi que le déploiement de nouveaux éléments de police et de gendarmerie. Ce, après l’assassinat de Mariama Sagna, responsable de Pastef et la mort non encore élucidée du douanier Cheikh Sakho. Médecin après la mort ? Tout porte à le croire. «Nous avons eu ces cas de meurtres à Keur Massar, notamment avec l’assassinat de Mariama Sagna et la mort de Cheik Sakho dans des conditions atroces. Mais, je dois rassurer que nos forces de défense et de sécurité sont sur le terrain pour mettre la peur dans le camp de ces bandits», sert Aly Ngouille Ndiaye, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique. C’était hier, en marge du lancement du programme de coopération pour la sécurité intérieure entre le Sénégal et l’Union européenne.

Le successeur d’Abdoulaye Daouda Diallo déclare que des opérations d’envergure vont être multipliées par la police et la gendarmerie en banlieue. Et que d’ici la fin du mois d’octobre, un projet de construction des commissariats dans la banlieue va démarrer incessamment. Ceci va s’ajouter aux différents renforts du personnel sécuritaire.

Il souligne, par ailleurs, que la direction de la sécurité publique vient d’avoir un renfort de 400 éléments qui seront déployés sur le terrain. Et assure, par la même occasion, que des moyens suffisants seront mis à la disposition des policiers, des gendarmes et de soldats pour pallier cette insécurité. «Keur Massar est couvert en partie par la police et du côté de Jaxaay par la gendarmerie. Nous déplorons quand-même ces effectifs qui ne sont pas costauds pour le moment, mais nous avons déjà décidé de construire des commissariats à Keur Massar et ses environs», indique-t-il.

Pour Cécile Tassin-Pelzer, chef de la coopération de la Délégation de l’Union européenne au Sénégal, les impacts de l’insécurité sont bien loin de s’arrêter aux manifestations visibles que sont les violences à l’intégrité physique et psychologique de nos citoyens. Leurs répercussions moins visibles, avance-t-elle, sont multiples et profondes, mettant à mal les fondements de la gouvernance. La représentante de l’Ue affirme que de nombreuses études ont montré que l’insécurité, si elle n’est pas jugulée, empêchera l’atteinte de 4 objectifs de développement durable et mettra en péril la réalisation de 13 autres.

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