Les maires de Guédiawaye soupçonnés de vouloir spolier les terres

La décision des autorités municipales de Guédiawaye de déclasser la bande des filaos pour y abriter des équipements publics n’enchante guère le Pôle pour une Alternative Citoyenne (PAC) qui regroupe différents mouvements de la société civile dans cette partie de la banlieue. Cette organisation soupçonne les maires de Guédiawaye de vouloir faire main basse les terres au détriment des populations.

Regroupant des mouvements citoyens (Guédiawaye Laa Bokk, Vision Guédiawaye, le Syndicat national des travailleurs de la culture-Guédiawaye, Sauvons Guédiawaye) et des organisations de la Société civile, le Pôle pour une Alternative Citoyenne (PAC) compte s’ériger en bouclier contre la destruction du littoral de Guédiawaye.

Au cours d’une conférence de presse hier, le PAC a vigoureusement dénoncé l’agression contre la bande des filaos qui, selon son porte-parole Mamadou Dieng, va à l’encontre des directives données par le chef de l’Etat en conseil des ministres en janvier 2016. Lesquelles directives ont porté sur «la préservation de l’environnement et la sauvegarde de l’écosystème du littoral».

Al’en croire, «la volonté exprimée par les autorités municipales est de disposer sur le littoral d’assiettes foncières en mesure d’accueillir des équipements afin de combler ou d’atténuer le gap que traine Guédiawaye dans ce domaine».

Même si l’idée est noble, le conférencier estime que cela doit passer par une concertation avec tous les acteurs concernés. A l’en croire, le maire de Guédiawaye, Aliou Sall, leur avait présenté «un soi-disant plan d’aménagement concerté» qu’ils ont tout simplement rejeté au motif que ce plan a été concocté sans consultation aucune avec les populations concernées. «Tous les maires riverains du littoral ont les yeux rivés sur la bande des filaos.

Le maire de Golf Sud avait publiquement demandé le déclassement de sept hectares du littoral. Ces autorités municipales sont interpellées et doivent se ranger du côté de la population.

Comment des maires peuvent-ils introduire des demandes de déclassement prétextant que Guédiawaye manque d’équipements collectifs ? Ce qui se cache derrière ce prétexte, c’est d’avoir des parcelles d’habitations. Il est inconcevable que les collectivités locales se mettent à la place des promoteurs immobiliers ou d’autres prédateurs qui viennent nous vider de notre littoral», peste le porte-parole du PAC.

L’AVANCEE DE LA MER COMPAREE AU TERRORISME

Poursuivant, Mamadou Dieng soutient que le littoral de Guédiawaye a été «excessivement et sauvagement agressé par l’homme» avec l’extraction frauduleuse du sable marin, de coupes illégales de plants de filaos et de constructions anarchiques de maisons.

«Le coup de grâce a été donné par le passage de la VDN au milieu du périmètre, au lieu de son tracé initial hypothéqué par l’édification incontrôlée des habitations. Pourtant le plan de gestion environnemental et social (PGES) élaboré pour atténuer les impacts du passage de la VDN exigeait le reboisement de 6000 plants de filaos de Guédiawaye à Malika. Aucun engagement de ce PGES n’a été respecté jusqu’à ce moment.

Ce qui est grave et incompréhensible. Ce ne sont pas les quelques plantations du côté de Malibu qui peuvent atténuer les énormes dégâts», fulmine M. Dieng avant d’ajouter : «Nous ne saurions accepter qu’une parcelle à habiter, un bilan de réalisations électorales, des dividendes tirés du foncier soient à l’origine du déplacement massif de populations, de la perte d’emplois et d’activités génératrices de revenus, de la disparition de la carte terrestre de pans entiers d’une ville».

Le sieur Dieng juge «inconcevable» qu’à Guédiawaye l’on puisse ignorer le changement climatique et ses effets irréversibles. Par ailleurs, Mamadou Dieng fustige avec la dernière énergie  la décision des autorités de Guédiawaye d’avoir dégagé une assiette foncière dans le littoral à Wakhinane Nimzatt pour abriter des cimetières musulman et chrétien depuis 2011 et que jusqu’à présent rien n’a été réalisé.

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