Bataille autour de la candidature de Karim Wade : Quand le pouvoir utilise la contrainte par corps comme arme!

La bataille autour de la candidature de Karim Wade fait rage entre tenants du pouvoir et libéraux à moins de quatre mois de la prochaine présidentielle. Contraint à l’exil depuis sa sortie de la prison par grâce présidentielle, le fils de l’ancien chef de l’Etat dont la candidature semble être une épine dans le pied du Macky fait face à chaque fois que son retour au bercail est agité à la menace d’une contrainte par corps brandie par le régime en place.

L ’invalidation de la candidature de Karim Wade est elle devenue une condition sine qua non de la réélection dès le 1er tour du président Macky Sall, candidat à sa propre succession à la prochaine élection présidentielle du 24 février 2019. Cette question a tout son sens si on s’en tient au traitement par le régime actuel du dossier du fils de l’ancien chef de l’Etat, notamment la question du retour au bercail de celui-ci. Alors qu’il était visé au même titre que 24 autres responsables de l’ancien régime libéral de son papa président, Me Abdoulaye Wade, par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) dans le cadre de la procédure dite traque des biens mal acquis, Karim Wade est aujourd’hui la seule victime de cette procédure initiée par cette Cour, ressuscitée par l’actuel chef de l’Etat au lendemain de son accession au pouvoir dans le cadre de sa politique de reddition des comptes.

Désigné candidat du Parti démocratique sénégalais (Pds) à la prochaine élection présidentielle lors d’une réunion du bureau politique transformée en congrès, le 21 mars 2015, soit deux jours avant le verdict de la Crei qui va par la suite le condamner le 23 mars 2015 à six ans de prison ferme assortie d’une amende de 138 milliards de francs CFA, Karim Wade sera par la suite libéré à la surprise générale par l’onction d’une grâce du président Macky Sall en juin 2016 et contraint à l’exil au Qatar. Depuis lors, Karim Wade mène, depuis la capitale du Qatar, avec le Pds un rude bras de fer avec le régime en place pour non seulement la validation de sa candidature à la prochaine présidentielle mais aussi pour son retour au pays.

En effet, suite à sa condamnation, Wade fils s’est vu refuser par les autorités son inscription sur le fichier électoral, pourtant effectué en bonne et due forme à l’ambassade du Sénégal à Doha. Pour justifier leur décision, ces dernières avaient évoqué les dispositions de l’article L31 du code électoral qui, disent elles, «stipule qu’un individu condamné à une peine de prison de cinq ans ou plus ne peut devenir électeur». Il faut dire que suite à la modification par voie législative de la Constitution par le régime actuel, cette inscription est devenue une condition obligatoire pour être candidat à la présidence. Toutefois, réfutant cette « vérité », le Pds avait alors décidé de contre-attaquer cette décision des autorités du ministère de l’Intérieur en charge de l’organisation des élections en saisissant d’abord la Cour d’appel de Dakar puis la Cour suprême mais toutes les deux juridictions vont se déclarer incompétentes à connaitre de cette affaire en renvoyant notamment le Pds et son candidat, Karim Wade, auprès des autorités consulaires du Sénégal à Doha. Face à ce statu quo, Karim Wade dans un message à l’occasion de la fête de la Tabaski, et le Pds de façon plus précise annonce pour une énième fois l’arrivée de son candidat à Dakar. Et cette fois, c’est le mois de novembre qui est annoncé.

Du côté du pouvoir, on n’a pas mis du temps pour multiplier les mises en garde à l’endroit du Pds et de son candidat. De l’actuel Premier ministre à son prédécesseur, Aminata Touré, ancien chef d’orchestre de la traque en passant par le ministre de la Justice et le porteparole du gouvernement, Seydou Gueye, tous sont montés au créneau pour prévenir que l’Etat lui fera appliquer la contrainte par corps dès son arrivée à l’aéroport s’il ne s’acquittait pas de la totalité de l’amende que la Crei lui a infligée. Comme une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête de Karim Wade par Macky Sall, cette contrainte par corps est convoquée par les responsables du régime en place à chaque fois que la question de retour au bercail de Wade fils est agitée. Pendant ce temps, le Pds qui continue de clamer partout que Karim Wade sera son candidat refuse tout plan B à cette candidature controversée de Wade fils.

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