Etat du Sénégal-Karim Wade : Véritable «lambi golo»

Ça tout l’air. Le bras de fer entre l’Etat di Sénégal et Karim Wade à propos de sa candidature suite à la sortie du comité des droits de l’homme de l’Onu fait rage. Comme dans un «lambi golo». Car, difficile de designer un vainqueur pour le moment. Et seul le Conseil constitutionnel qui est passé de 5 à 7 sages, édifiera l’opinion d’ici le 10 décembre 2018. Au moment de la validation des candidatures.

«Lambi golo…»

La sortie du groupe des droits de l’homme de l’Onu demandant au Sénégal de réviser le procès de Karim Wade, condamné pour enrichissement illicite présumé, n’a pas laissé de marbre les tenants du pouvoir.

L’ancien Premier ministre, Mimi Touré et l’actuel, Mahammed Boun Abdallah Dionne ont suivi les traces de leur patron, le chef de l’Etat, Macky Sall.

Ces deux plus roches collaborateurs du chef de l’Etat, ont dés la sortie du communiqué du comité, briser le silence sur cette question pour dire à qui veut l’entendre que cette histoire est rangée à jamais dans les tiroirs. Et qu’aucun procès du fils du président Wade ne sera rouvert. La dernière sortie en date est de Boun Abdallah Dionne, ce mercredi 21 novembre 2018.

«Nous avons vu un groupe de travail qui se rend partout pour faire comprendre qu’il est nécessaire de rouvrir des procès. Aucun procès ne sera rouvert. Parce que leur argument de base même est faux. Il ne tient pas la route, pourquoi ? Partout ils disent que la Crei (Cour de répression de l’enrichissement illicite) ne donne pas droit à l’appel. Ce sont eux mêmes qui réclamaient leur traduction devant la Haute cour de justice. Mais dans cette juridiction, il n’y a pas d’appel ! Dès lors, se doter de plusieurs milliards de francs, s’attacher les services des avocats et de cabinets de lobbying est chose aisée. Mais, cela n’est que la partie la plus facile de l’histoire. La République est debout. Et le droit sera dit en toute circonstance dans notre pays parce que telle est la volonté du président Macky Sall. L’État de droit! Que les cadres de Bby, moi y compris, prenions cela en compte. Notre patron n’aime pas la roublardise», a fait comprendre le premier ministre.

A en croire l’actuel chef de gouvernement «dans ce pays tous ceux qui détournent des deniers publics, vont être contraints de rembourser. Et même si l’auteur de cette infraction bénéficie d’une grâce présidentielle, il va payer ce qu’il a soustrait frauduleusement. C’est ça la justice, et ce sera toujours comme ça !».

A sa suite, Mimi Touré de relever l’erreur commise par le comité des droits humains sur le dossier d’enrichissement illicite qui a valu à Karim Wade un procès à l’issue duquel celui-ci a été condamné à une peine d’emprisonnement et une amende.

«Certains s’accrochent à des soi-disant, conclusions du comité des droits humains des Nations Unies que nous connaissons tous très bien. Il est composé de 18 experts qui statuent de manière indépendante, mais aujourd’hui nous avons entendu un éminent avocat français dire que ce comité s’est trompé. Et il ne peut que se tromper parce que dans cette affaire, il y a l’autorité de la chose jugée», a fait savoir l’envoyée spéciale du chef de l’Etat.

Les mises en garde des avocats de l’Etat…

Ils ont dansé la même musique que l’Etat. Réagissant au rapport récemment publié par le comité des droits de l’homme des Nations-Unies sur l’affaire Karim Wade, les avocats de l’Etat ont tenu une conférence mercredi 21 novembre 2018 pour apporter des éclaircissements, accusant le camp adverse d’interprétation douteuse.

Selon Mes Yérim Thiam et Moussa Félix Sow, «le comité n’a donné aucune suite à la demande d’annulation de la décision de la CREI par Karim Wade (…). Le rapport continent de recommandations non contraignantes. C’est une tentative flagrante de manipulation de l’opinion».

…Le « wango » des avocats de Karim

A travers un document, les avocats de Karim Wade ont exprimé leur grande satisfaction en dansant le « wango », après la décision du Comité des droits de l’homme des Nations Unies du 22 octobre 2018. «Le Comité a considéré que l’arrêt de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) du 23 mars 2015, qui a condamné Karim Wade à un emprisonnement et une amende tous deux extravagants, viole l’article 14.5 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966, signé et ratifié par le Sénégal», disent-ils.

Avant de poursuivre que : «cet article ouvre à toute personne déclarée coupable d’une infraction le droit de faire réexaminer la déclaration de sa culpabilité et sa condamnation par une juridiction supérieure. C’est une obligation impérative pour les États. Le Comité constate que la Cour suprême du Sénégal, qui était la seule juridiction pouvant être saisie par Karim Wade d’un recours contre l’arrêt de la CREI, s’est bornée à examiner des aspects formels ou des questions de pur droit, sans exercer le moindre contrôle effectif sur les faits allégués pour motiver la condamnation. Il en déduit que Karim Wade a été privé d’un droit fondamental qui lui est solennellement reconnu par le Pacte international. Le Comité ordonne à l’État du Sénégal d’assurer à Karim Wade un «recours utile».

Le prétexte invoqué pour interdire à Karim Wade de participer à cette élection vole en éclats».

«Le prétexte invoqué pour interdire la candidature de Karim vole en éclats»

Ces avocats sont d’avis que « la décision du Comité des droits de l’homme retire toute valeur et toute portée à l’arrêt de la CREI et de la Cour Suprême, qui se retrouve sans effet. Les autorités sénégalaises ne pourront plus invoquer cet arrêt pour s’opposer à l’inscription sur les listes électorales de Karim Wade, candidat à l’élection présidentielle du 24 février 2019. Le prétexte invoqué pour interdire à Karim Wade de participer à cette élection vole en éclats».

Qui sera le vainqueur, les semaines à venir seront décisives…

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