Les politiciens du Sénégal au rendez-vous de l’histoire

Au nom d’Allah le tout puissant, le miséricordieux
.
J’aimerais entamer mes propos en rendant un vibrant hommages à nos communautés culturelles et religieuses en commençant par nos vénérés guides issus de toute religion confondue. Ces derniers ont toujours oeuvré pour la paix et la communion des coeurs.

Je souhaiterais part cet écrit, m’adresser aux Sénégalais à travers le monde entier.

Cette interpellation s’adresse plus particulièrement aux acteurs de la vie politique Sénégalaise qu’ils soient du pouvoir ou de l’opposition..

Le contexte pré-électoral mouvementé, marqué par de nombreux heurts verbaux récemments observés dans l’espace politique du pays m’oblige à sortir de ma reserve afin de partager en toute humilité ma pensée avec le peuple Sénégalais détenteur souverain du suffrage universelle.

D’emblée il est important de rappeler que bien avant l’arrivée du pétrole et du gaz, le Sénégal a toujours été doté de richesses inestimables pouvant faire de nombreux envieux à travers le monde.Le dialogue islamo-chrétien et le cousinage à plaisanterie entre autres ont à mon sens plus de valeur que toute ressource tirée de terre ou de mer car celles ci sont fossiles tandis que les deux premiers peuvent survivre aux affres du temps et de l’usage abusif des hommes.

Appelé “Dendiragaal” en pulaar, “Kal” en Wolof, “Sinankuya” au Mali, “kalir” ou “massir” chez nos “esclaves” sérères, le cousinage à plaisanterie est une belle trouvaille de nos ancêtres. Elle nous a peut être permis d’être à l’abris de génocide ou autres guerre ethniques qui ont et continuent de faire des ravages dans d’autre pays du monde et pas seulement en Afrique. Cette pratique qui permet certaines moqueries et autres boutades codés proférés entre des membres d’ethnies différentes dans le respect et l’amitié existe en Afrique de l’Ouest depuis des siècles et régule de manière pacifique nos rapports de voisinage.

C’est d’ailleurs à cet effet que je me permet d’appeler les sérères mes esclaves et je suis persuadé,en tout humour, qu’ ils en feraient pareillement.

Ce cousinage à plaisanterie va même au delà des ethnies et concerne aussi des familles portant des noms qui chez d’autres familles sont sujet à plaisanterie tel que les Faye et les Diouf, les Diop et les Ndiaye; les Tall et les Thiam ou même les Mbodj.
À titre d’exemple, une personnes portant le nom de Guissé ou Kénémé pourrait dans ce contexte se moquer du Président Macky Sall et le traiter de gourmand sans que cela n’offusque ou ne tombe sous le coup d’offense au chef de l’Etat.

À la lumière de cela, il est important de souligner qu’en Afrique nous sommes liés par le sang et nos rapports familiaux ont toujours régulé nos relations plutôt que cela soit géré par des lois comme aux Etats Unies où les lois fédérales permettent à des personnes d’origine diverses telles que les Mexicains, les Laotiens, les Pakistanais, les Sénégalais etc de vivre en paix car étant tous citoyens Américain.
Nous ne devons pas accepter que ces lois régaliennes soient plus fortes que les lois du sang qui nous lient depuis des siècles.

Nous devons exiger des candidats qu’ils nous présentent des programmes pour le développement du pays plutôt que d’alimenter des débats sur nos appartenance confrériques et ethniques.
Quelque soit l’issue de ces élections, et quelque soit le vainqueur, celui-ci ou celle ci aura un devoir de grandeur face à l’histoire. En effet, Le nouveau président élu devra ainsi consolider la tradition du fameux appel téléphonique pour féliciter son ou ses adversaires comme le fit Diouf à Wade, Wade à Macky ou encore Al Gore à Bush alors que ce dernier été annoncé battu par le premier en 2000. Je demande ainsi aux politiciens du Sénégal d’être à la hauteur de la grandeur de l’acte d’Al Gore et de sa noblesse d’esprit.
Mieux, j’estime que le niveau de notre démocratie exige que le futur vainqueur appelle les vaincus à le rejoindre pour travailler dans l’intérêt du Sénégal comme ce fut le cas d’Hillary Clinton et d’Obama qui après d’âpres batailles politiques se sont unis pour travailler ensemble.

Malgré leur appartenance au même parti chacun d’entre eux a défendu sa candidature de façon honorable ce qui leur a permis de travailler plus tard ensemble. Aucune expertise du pays n’est de trop pour notre développement et sans union et une guerre des égos, il serait trés difficil d’y arriver.

Je pense qu’il existe deux monuments sur lesquels tout grand homme doit aspirer à inscrire son nom pour la postérité. Ces deux monuments sont celui de la honte et celui de l’honneur.
Il est ainsi de la responsabilité de chacun d’oeuvrer afin de faire partie des belles pages de l’histoire du Sénégal qui s’écrit depuis l’époque des royaumes comme le Cayor, le Djoloff, en passant par les héros de la résistance tel que Lat Dior et El hadj Oumar Tall, les précurseurs de l’indépendance comme Senghor, Mamadou Dia et Lamine Gueye jusqu’aux acteurs des récentes alternances pacifiques que nous avons connu en l’occurrence Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et Macky SALL.

Cet acquis démocratique fragile que nous négligeons, est le fruit d’un long processus entaché de violence ailleurs comme en Afrique du Sud avec l’Apartheid et l’emprisonnement de Mandela. Nombreux leaders Africains ont péris pour que leur peuple vivent en paix tel que Lumumba, Sankara, Amilcar Cabral,Steve Biko etc… Ces noms sont aujourd’hui inscrit au monument de l’honneur dont j’ai fait référence tantôt et les descendants de ces hommes peuvent être fier de leurs ancêtres.
Nous avons eu la chance de voir notre démocratie grandir et franchir des paliers malgré quelques difficulté, sans aucune forme majeure de violence, nous avons ainsi la lourde responsabilité de consolider cette paix ancestrale.

Récemment, le représentant spéciale du secrétaire générale des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, le Dr Mohamed Ibn Chambas à souligné l’importance d’un dialogue entre les acteurs politiques afin d’atténuer les tensions avant la tenue des élections en février.
Cela montre que la communauté internationales suit de très près ceux qui se passe chez nous. Nous devons ainsi ne pas faire pire que ceux qui ont précédés à la tête de ce pays pour continuer et relayer le flambeau à nos descendants dans l’intérêt de tous.

Qu’ALLAH bénisse le Sénégal…

Thierno Seydou Nourou Ndiath
Chercheur en Philosophie Islamique (Tasawuf)
Résidant à Columbus Ohio, Usa

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