SESSION NATIONALE D’INTERPELLATION CITOYENNE:Les 5 candidats dévoilent leur projet éducatif

Des représentants des cinq candidats à la présidentielle ont fait face, hier, à la Cosydep, pour recevoir les doléances du secteur éducatif et dévoiler leur projet pour l’éducation. Ils préconisent l’instauration d’un ministère des Affaires religieuses, d’un Conseil supérieur de l’éducation et l’allocation de bourses familiales aux parents d’enfants vivant avec un handicap, entre autres programmes.

 

La Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep), en partenariat avec le Forum civil et l’Ong 3D, a organisé, ce mardi, une session d’interpellation citoyenne des candidats à l’élection présidentielle du 24 février sur des questions touchant leur secteur d’intervention, sur le thème ’’Quels engagements de financement pour une éducation/formation de qualité, inclusive et accessible à tous ?’’. La rencontre a enregistré la participation des élèves, des organisations de la société civile, des syndicats d’enseignants et des cinq représentants des candidats à la présidentielle.

Lors des débats, les acteurs ont exposé les problèmes du secteur et interpellé les politiques sur leurs offres programmatiques pour l’éducation. Notamment, le financement du secteur, la qualité de l’offre de formation, les accords signés entre les enseignants et l’Etat et le cas des enfants hors système.

Les élèves, représentés par Mame Diarra Bousso Guèye en classe de terminale au lycée Limamoulaye de Guédiawaye, ont ouvert la liste des doléances. Leur porte-parole a attiré l’attention des politiques sur la situation des enfants handicapés qui manquent souvent de moyens matériels pour intégrer correctement le système. Elle a également rappelé les grèves répétitives dont, estime-elle, seuls les élèves payent les pots cassés.

Les organisations syndicales ont, elles, demandé aux candidats de s’approprier les résultants des assises de l’éducation pour un système plus inclusif. Rappelant que l’Etat leur doit 70 milliards, Abdoulaye Ndoye du Cusems a lancé aux représentants des candidats : ‘’Ce que nous attendons de ces représentants de candidats est qu’ils nous disent comment ils comptent financer l’éducation. Est-ce qu’ils sont prêts à supprimer les agences, les institutions budgétivores inutiles et impopulaires, réduire le train de vie de l’Etat pour réinvestir dans le capital humain ? Quel sera la part des ressources pétrolières et gazières pour le financement de l’éducation ? Est-ce qu’ils sont prêts à appliquer les accords, surtout sur celui sur l’indemnité de logement ?’’ Puis, parlant du thème de la rencontre, il a ajouté que ‘’c’est une question essentielle, parce que, du financement de l’éducation, dépend la qualité du système éducatif’’.

‘’On parle de 23 % du budget alloué à l’éducation, mais le système connait toujours des perturbations. Est-ce que les 23 % sont réellement consacrés au système ?’’, s’interroge M. Ndoye qui, par ailleurs, a demandé aux candidats d’apporter des réponses à ces questions, dans les plus brefs délais pour, dit-il, rassurer le peuple.

De son côté, la section Sudes du supérieur a insisté sur le problème de l’enseignement supérieur virtuel et le manque d’encadrement pour les étudiants.  Les inspecteurs de l’éducation nationale, en grève depuis 10 mois, considèrent être ‘’les oubliés du système’’. Leur problème est surtout lié au manque de moyens de déplacement dans les inspections académiques. Pour clôturer les interpellations, les membres du Cosydep ont posé la question des inégalités, celle des couches marginalisées et le maintien des filles à l’école.

Les propositions des candidats

Les représentants des différents candidats ne se sont pas dérobés et ont dévoilé leurs offres programmatiques pour le secteur. Le représentant de la coalition Benno Bokk Yaakaar de dire que son candidat compte poursuivre sur la même lancée, avec la promotion ‘’d’une éducation inclusive pour ne laisse aucun enfant sur le trottoir du système’’. S’appuyant sur le programme de sa coalition, il a promis ‘’une école de la réussite et de qualité pour tous’’.

La coalition Madické-2019 propose, comme ‘’solution phare’’, la création ‘’d’un ministère des Affaires religieuses pour instaurer les valeurs et intégrer les ‘daara’ dans le système’’. En effet, selon Ibrahima Diassé, une fois élu président de la République, Me Madické Niang compte ‘’renverser la tendance actuelle par la promotion de la compétence pour doter les enseignants de moyens’’. Ainsi, à travers son programme ‘’Jamm ak Kheweul’’ qui, selon lui, fait de la jeunesse et des femmes le fer de lance du développement, il compte supprimer le Conseil économique, social et environnemental et le Haut conseil des collectivités territoriales pour mobiliser des ressources qui seront ensuite réinvesties dans le secteur de l’éducation.

Le candidat de la coalition Idy-Président envisage de poser comme première mesure phare la création d’un Conseil supérieur de l’éducation. A l’image du Conseil supérieur de la magistrature, cette instance sera supervisée par le président de la République, avec une implication de tous les acteurs de l’éducation, de la maternelle à l’université, pour assurer une meilleure fluidité entre les différentes strates de l’enseignement.  Selon Abdourahmane Diouf, représentant de la coalition Idy-Président, un tel conseil va permettre d’assainir le secteur pour un accès universel à l’éducation pour une justice sociale. Il ajoute que son candidat a pris l’engagement ferme de solder, une fois élu, la dette de 70 milliards de francs Cfa due aux enseignants, dans un délai de 2 ans. Il compte également instaurer une allocution aux familles d’enfants handicapés pour leur meilleure intégration dans le système.

Le représentant du candidat Issa Sall a aussi dévoilé leur vision de l’éducation qui est axée sur l’homme. En effet, pour Mbacké Guèye, le programme ‘’Pur100’’ envisage de promouvoir l’amélioration de la qualité de l’école. A cet effet, un recensement des abris provisoires sera effectué pour les remplacer.

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