GALERE DES POPULATIONS ET EXPLOITANTS AGRICOLES SUR LE TITRE BERTIN: Le ‘’festin foncier’’ se poursuit à Bambilor

Les populations et les exploitants agricoles sur le titre foncier 1975/R sont sous la menace d’une expulsion. La superficie de terre sur laquelle ils habitent et travaillent est litigieuse et convoitée par des promoteurs fonciers.

 

La situation angoissante des populations et des exploitants agricoles du titre foncier 1975/R est la conséquence d’un ‘’festin foncier programmé sous le régime de Me Abdoulaye Wade’’ qui est entré ‘’dans sa phase de réalisation la plus cruelle, la plus vile et la plus inhumaine qui soit sur le dos des populations’’, sous l’actuel régime, dénonce Bira Cissé, Secrétaire général du collectif And Saam Sa Momel. Il fulmine : ‘’Les populations et les exploitants agricoles de Bambilor sont dans le désarroi le plus total. Car étant soit en attente d’être expulsés de leurs terres, soit dans une attente hypothétique d’une éventuelle indemnisation’’.

Plus connu sous le nom de Bertin, le titre foncier est situé dans la commune de Bambilor. Ces populations sont aujourd’hui sous la menace d’une expropriation, après la première vague de démolition de maisons et de vergers, en 2010. C’est la raison de la tenue d’une assemblée générale, ce week-end, dans une exploitation agricole. Elles dénoncent une boulimie foncière et une course échevelée dans l’acquisition de titres de propriété.

L’avidité des ‘’prédateurs fonciers’’

Cette situation, poursuit le secrétaire général du collectif, se résume par ‘’des dizaines de titres fonciers et des baux établis en quelques jours seulement et octroyés à des proches du pouvoir dans des conditions où le doute est permis quant aux procédures prévues par la loi. Des morcellements effectués sur le titre foncier 1975/R où des exploitations fruitières sont systématiquement rasées sous l’œil bienveillant des autorités locales’’. Ce qui est, à l’en croire, l’œuvre de ‘’prédateurs qui sont de jeunes promoteurs choisis dans les villages de la commune, arborant les couleurs de l’Apr’’.

D’ailleurs, s’est-il plaint, cela permet ‘’de générer et d’entretenir une classe de nouveaux riches et fait de Bambilor la commune où roule le plus de 4X4 au Sénégal’’.

Bira Cissé signale aussi que le nouveau pôle urbain du lac Rose a sa part de responsabilité dans la misère des populations. ‘’Ce qui restait du 1975/R est complètement absorbé par les tentacules du pôle urbain du lac Rose qui s’étend sur un peu plus de 7 000 ha’’, indique-t-il. Alors que, a-t-il poursuivi, exploitants et populations réclament leurs ‘’2 500 ha qui englobaient sept villages, il y a 7 000 autres hectares qui sont l’objet de ce fameux festin foncier’’.

Tout en faisant savoir que le pôle, au lieu de sauvegarder le lac Rose, ‘’a créé de nouvelles opportunités pour les autorités de faire main-basse sur notre terroir, au mépris des clauses de préservation prévues dans les décrets 2016-764 du 10 juillet 2016’’.

L’appel à l’actuel et au futur chef d’Etat

Une situation regrettable, selon les membres du collectif And Saam Sa Momel, qui pensent que le président Macky Sall n’est pas au courant. Car se basant sur les propos tenus par le chef de l’Etat, lors du Conseil des ministres décentralisé tenu à Rufisque, sur les dispositions prévues pour les occupants du Tf 1975/R. Mais aussi sa décision de suspendre les attributions de terrains dans le département de Rufisque. Ainsi, ils demandent au président Sall de donner des instructions pour la sauvegarde des exploitations agricoles restantes. Aux candidats en course pour la présidentielle, ils signalent que leur choix sera fortement tributaire de leurs intentions et de leurs positions sur ce problème vital qui les concerne.

Historique du conflit

Selon le professeur Issa Lo, Président du collectif And Sam Sa Momel dont le verger abritait le rassemblement, ce qui se passe sur le titre foncier 1975/R est un véritable ‘’pillage des terres de Bambilor, un festin foncier’’. Et pis, ‘’les conflits fonciers sont devenus plus nombreux’’. Soulignant que le scandale dure depuis 120 années et touche sept villages de la commune de Bambilor. ‘’Cela remonte à 1897. Maître Verdier, un avocat véreux, avait, à l’époque, trompé un habitant de la zone qui lui devait 350 F Cfa. Il lui disait je cherche un tas de coquillages pour faire de la chaux. Il s’est débrouillé pour borner 2 500 ha, après que ce dernier lui a accordé un tas de coquillages du côté du lac Rose. C’est un notaire qui a établi, en 1899, un acte au profit de Me Verdier et c’est sur la base de cet acte qu’on a fini par faire un titre foncier à la famille Verdier, après le décès de Me Verdier. Il a été établi que cet acte notarié est un faux, parce que la personne qui est supposée avoir fait l’acte de vente n’a jamais rien signé et, à ce jour, personne ne veut aller au fond de ce dossier… Devenu d’abord le Tf 660 domicilié à Thiès, puis transféré à Rufisque comme 1975/R appartenant à la famille Verdier, puis ensuite à la Compagnie française de l’Afrique de l’Ouest (Cfao) et enfin au général Chevanche Bertin.

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