Élections présidentielles au Sénégal : une longue histoire de la démocratie sénégalaise

La première élection au Sénégal a eu lieu le 1er décembre 1963, le même jour que les élections législatives. Pour cette élection Senghor fut le seul candidat et il l’emporta à 100% car pour être candidat à l’élection présidentielle, il fallait obtenir le soutien de dix députés. Or aucun député n’a souhaité soutenir l’opposition. Ces élections donnèrent lieu à de violentes manifestations de l’opposition avec un sanglant bilan : plus de 40 morts et de nombreux blessés. L’opposition et le pouvoir se renvoyant chacun  la responsabilité.

Cinq ans plus tard, lors de la présidentielle de 1968, le même scenario se reproduit avec un score de 100% car Le Sénégal est un régime à parti unique sous l’égide de l’Union progressiste sénégalaise de Léopold Sédar Senghor. L’élection présidentielle sénégalaise de 1973 qui a eu lieu le 28 janvier 1973 reproduit le même scenario avec l’UPS de Senghor qui eu 100% des voix.

C’est lors de l’élection présidentielle sénégalaise de 1978 qui a eu lieu le 26 février 1978 que l’on observa pour la première fois, la participation de l’opposition amenée par Abdoulaye Wade, qui eut 17,80 des voix contre 82,20 des voix pour Senghor qui rempila à  nouveau.

Mais le 1er janvier 1981 on note la démission du président Léopold Sédar Senghor qui sera succédé par Abdou Diouf qui devient le 2e président de la République du Sénégal puisque la Constitution sénégalaise prévoyait que le Premier ministre termine le mandat présidentiel jusqu’à la prochaine élection en cas de vacance du pouvoir. Ainsi on note un passage en douce du pouvoir, car durant cette période, éclatait un peu partout en Afrique  des coups d’états et Senghor ne voulant pas qu’un tel scenario se reproduise au Sénégal, décida de passer la main a son plus fidele assistant et par la, il pourrait être à  l’abri de poursuites judiciaires que ses opposants pouvait activer s’ils accédaient au pouvoir après lui.

En 1983 l’élection présidentielle sénégalaise a lieu le 27 février, le même jour que les élections législatives. Le président sortant Abdou Diouf l’emporte avec plus de 83 % des suffrages contre 14,79 pour son plus proche suivant. Il faut retenir aussi que feu Mamadou Dia qui était une figure emblématique de l’état avant son emprisonnement et qui était aussi dans la course recueillit 1,39% des voix. Ce fut là sa dernière participation à une élection

L’élection présidentielle sénégalaise de 1988 qui a eu lieu le 28 février 1988, le même jour que les élections législatives et qui  a été remportée par le président sortant, Abdou Diouf, qui récolte un peu plus de 73 % des voix a été le lit de violentes contestations de l’opposition d’alors mené par maitre Wade qui soupçonnait des fraudes. Il fut arrêté avec d’autres leaders de l’opposition et le pouvoir décréta un état d’urgence.

En 1993 L’élection présidentielle sénégalaise qui a eu lieu le 21 février 1993, peu avant les élections législatives du 9 mars 1993 fut remportée par le président sortant, Abdou Diouf, qui récolta un peu plus de 58 % des voix et décrocha ainsi un troisième mandat présidentiel, malgré un effritement de sa popularité.  Au contraire maitre Wade toujours leader de l’opposition, voyait son électorat grossir à chaque consultation électorale avec 32,03% des voix.

Le début de l’alternance

Lors de l’élection présidentielle sénégalaise de 2000, on assiste à la victoire d’Abdoulaye Wade avec 58,49%  sur le président sortant Abdou Diouf qui a recueilli 41,51% des voix. À noter que le scrutin s’est  joué sur deux tours.

Le premier tour s’est déroulé le 27 février 2000, le second le 19 mars 2000.

Le Sénégal fut célébré partout et donné comme modèle démocratique sur tout le continent africain gangrenée par des coups d’états à répétitions et par des dictatures sanglantes.

L’élection présidentielle post alternance s’est déroulée en 2007 au Sénégal avec  premier tour le 25 février 2007 qui a vu le président sortant Abdoulaye Wade proclamé vainqueur avec 55,86 % des voix exprimées. Son plus proche rival, Idrissa Seck, a obtenu 14,93 %. Ce qui donna lieu à quelques contestations de l’opposition auxquelles le president répondit par le fait que les « djinns » ont voté pour lui.

Avant la tenue de la présidentielle de 2012, les dernières élections municipales et régionales qui ont été organisées ont été favorables à l’opposition car la réforme constitutionnelle portée par le Parti démocratique sénégalais (PDS) visant à réformer le processus électoral a échoué et de violentes manifestations ont eu lieu en juin 2011. Ainsi on dénombre de violentes manifestations de la population qui dénonçait la cherté de la vie, les coupures d’électricités et d’eau, la mauvaise gouvernance de Wade sans compter sa volonté de briguer un troisième mandat, ce qui n’était pas du gout de l’opposition et de la société civile. Malgré tout sa candidature passa mais il voit défait au deuxième tour par Macky Sall son ancien premier ministre qu’il avait férocement combattu. Au premier Macky obtint 26,58% contre 34,81% pour Wade. Au second tour avec toute l’opposition réunie autour de lui, il remporta le scrutin avec 65,80% des voix 34,20% pour Wade qui se voit ainsi  sanctionné.

L’élection présidentielle sénégalaise de 2019, la onzième depuis l’indépendance du pays qui a eut lieu le dimanche 24 février 2019 a vu la victoire du president sortant au premier tour avec 58,27% des voix contre 20,50% pour Idrissa Seck, son plus proche poursuivant.

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