Dr Bassirou Niang, leader du mouvement ‘’Intelligence Républicaine’’:« Il faudra mettre les bonnes personnes pour la conduite des politiques publiques avec des objectifs de performances clairs ».

Ceci est le sentiment de Dr Bassirou Niang, responsable politique à Ourossogui, et non moins président du mouvement ‘’Intelligence Républicaine’’. Dans cet entretien, ce Docteur en Sciences de Gestion et DESS en Management des Affaires fait le bilan de l’élection présidentielle et dégage des pistes de réflexion sur le profil des compétences qui devront rendre opérationnelles les politiques publiques durant le second mandat du Président Sall. Entretien.

1 M. NIANG, en tant que responsable politique à Ourossogui, quelle appréciation faite vous sur la déclaration du président Macky Sall?

C’est un plaisir de répondre à cette question qui, à mon sens, renvoie à une des missions de notre mouvement Intelligence Républicaine. Le Président a la posture d’un grand démocrate doublé d’un Républicain, il a attendu la proclamation officielle, par les Institutions habilitées, des résultats pour se prononcer. Il a eu un discours empreint de sagesse et inspiré du registre de nos valeurs partagées de dépassement, de solidarité et d’unité. Je salue à sa juste valeur son appel au dialogue pour que les forces vives de la nation comprennent, enfin, que le seul combat qui vaille, est celui de la construction nationale pour un Sénégal libre et prospère.

2 Toujours avec le président, on voit que c’est un homme plein de sagesse que nous avons vu à travers son dernier discours. Est-ce votre sentiment ?

Tout à fait ! Il a, comme à son habitude, eu une posture d’un grand homme d’Etat. Vous savez, le Président est un scientifique, si vous suivez bien, il conjugue chaque moment avec ses enjeux. Il y’a eu un Macky SALL combatif durant la campagne électorale, puis après la proclamation des résultats, il a observé le temps républicain d’attente des résultats officiels, et enfin, comme Président réélu, il faut rassembler pour venir à bout des nombreux défis qui nous assaillent et dont la campagne a permis de mettre en relief.

3 Parlons du PAP2, c’est là une ambition majeure qui s’affiche dans cette deuxième étape de vie politique du président Macky Sall. Vous le partagez?

Dans la continuité du PAP 1, le PAP 2 a une grande ambition pour l’amélioration des conditions de vie des jeunes et des femmes. Il faut dire que les résultats des élections aussi vont réorienter le PAP 2 vers les attentes des électeurs qui ont porté leurs choix sur les autres candidats.

A mon sens, il faut comprendre enfin que ce pays doit être réformé et la réforme c’est comme chez le kinésithérapeute. Il faut nécessairement faire un peu mal pour arriver à l’essentiel, c’est-à-dire redonner au malade sa motricité. Je pense qu’il faut très rapidement fermer la page des élections et se tourner vers le travail sur trois chantiers principalement : le renforcement des institutions, la formation et l’emploi des jeunes, et le développement des infrastructures sociales de bases.

4 La question de l’emploi des jeunes est encore revenue dans cette seconde phase du PSE. Est-ce à dire qu’il a échoué sur cette question ?

Non, je crois que le septennat a apporté des réponses même si les résultats sont mitigés. Il faut en faire l’évaluation et accentuer les interventions de façon à obtenir des résultats très rapidement.

5 Depuis l’indépendance, nous avons l’impression que l’intention a, tout le temps, été de mise, mais la matérialisation fait toujours défaut. Qu’est qui bloque selon vous ?

Je partage cette impression avec vous. En réalité l’emploi en soi n’existe pas. Ce qui existe réellement ce sont des activités. L’Etat ne crée pas des emplois, mais il développe les conditions pour un environnement propice à l’entreprenariat. Autrement dit, ceux qui doivent développer des activités, c’est le secteur privé. Malheureusement, il faut le dire, le secteur privé au Sénégal est très faible. Ils attendent tous la commande publique. Il faut nécessairement s’orienter vers l’innovation sociale en démultipliant les centres d’incubation avec les pépinières d’entreprises. Vous savez, on ne réinvente pas la roue, elle existe, il faut rouler. J’ajoute simplement que pour l’opérationnalisation des politiques publiques, il faut confier les responsabilités aux compétences de ce pays. La première réforme est justement de mettre les bonnes personnes pour la conduite de ces politiques avec des objectifs de performance clairs.

6 Parlant du sous-secteur du tourisme, pourrait-il être une solution pour cette question de l’emploi au Sénégal ?

Le tourisme est une niche importante de création d’emplois. Le Président croit à ce sous-secteur, mais l’accompagnement fait défaut. Vous savez, on ne peut pas faire la gouvernance du sous-secteur comme on le ferait pour la santé ou l’éducation. Les orientations et les cibles ne sont pas identiques. Au-delà du développement de zones touristiques qui sont des projets importants et à haute intensité capitalistique, on devrait s’appuyer sur le tourisme en mettant en place un plan d’urgence de développement urbain. Toutes les études sur la relance du secteur montrent que l’environnement du pays ne facilite pas la fidélisation de la clientèle et le prolongement de la durée de séjour de cette dernière. Il faut donc repenser l’approche en reliant le tourisme au développement urbain. Dans ce programme, j’avais identifié plus de dix référentiels de métiers. L’enjeu est de créer des activités autour de ces métiers pour structurer des pépinières d’entreprises dans les quartiers. Au-delà de l’attractivité des territoires, le tourisme porte des possibilités de développement de plusieurs portefeuilles d’affaires pour offrir aux jeunes des possibilités d’insertion.

7 Dans vos arguments nous avons l’impression que la vision est là, c’est à dire la réflexion technique qui manque autour du président ?

La vision est claire à travers le PSE. Il est évident que l’expression des suffrages montre qu’il y a des attentes qu’il faut satisfaire. Il urge de changer de démarche et d’instruments pour des réponses rapides et efficaces.

Réalisé par Youssouf NDIONGUE

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