Immunodéficiences primitives : Ces maladies peu connues qui tuent les enfants

Mal connues au Sénégal, les immunodéficiences primitives ou déficit immunitaire congénitale sont devenues une équation de santé publique au Sénégal. Sur les 35 cas qui ont été diagnostiqués dans notre pays, la moitié n’a pas survécu, selon Pr Tandakha Dièye, immunologue, président de la Société africaine des immunodéficiences (Asid).

Les autorités sanitaires se sont longtemps préoccupées des maladies transmissibles en laissant de côté celles non transmissibles. Ces dernières, à l’image des immunodéficiences primitives ou déficit immunitaire congénital, peu connues, sont devenues, aujourd’hui, un problème majeur de santé publique. Car entraînant une mortalité et une morbidité élevées. Elles sont dues à des anomalies du système immunitaire à la naissance. Au Sénégal 35 enfants ont été diagnostiqués, selon Pr Tandakha Dieye, immunologue, président de la Société africaine des immunodéficiences (Asid). Malheureusement la moitié d’entre eux n’ont pas survécu.  Le  Pr Dièye, enseignant à la Faculté de médecine de l’Ucad, a établi ce constat en marge d’une conférence de presse pour la préparation du 6ème congrès de l’Asid qui va se tenir du 11 au 13 Avril 2019, à l’Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de formation (Iressef) de Diamniadio.

Pour le spécialiste, la maladie peut avoir beaucoup de portes d’entrée sur l’enfant. Il peut commencer par des infections pneumocoques pulmonaires. C’est pourquoi les pneumologues sont les premiers à être consultés.

A la différence des maladies transmissibles qui sont transmises par des virus, les immunodéficiences primitives sont innées. Elles sont dues à une défaillance de cellules ou de molécules dans l’organisme de l’individu. Pourtant, ces pathologies développent les mêmes symptômes que les autres maladies contagieuses. Selon lui, la prise en charge la plus importante, c’est d’aller vers la greffe de la moelle osseuse.

«Parfois, ce sont des enfants que les parents envoient chez les tradipraticiens. Ce qui n’est pas normal», déplore Pr Tandakha Dièye.

Ces maladies qui affectent plus de 200 gènes avec plus de 400 anomalies sont peu connues en Afrique, et très peu diagnostiquées avec une mortalité élevée sans une prise en charge adéquate. Seulement 1 % des personnes atteintes de déficits immunitaires primitifs (Dip) sont diagnostiquées dans le continent. D’où l’urgence de trouver les personnes restantes en effectuant plus d’investigations.

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